Focus Florine Berthier au Garage Portet. « A creux perdu ».

« À creux perdu », de Florine Berthier c’est 98 photographies, images de l’édition éponyme.

« Ici je parle de ce temps qui est et qui passe, de ce que l’on va retenir, de ce qui va rester et de cette vie qui s’émiette et qui s’effrite.
Ce qui m’intéresse, c’est la matière, c’est la répétition, c’est l’épuisement, c’est la tension.
Je suis intéressée par la sculpture et la tension des gestes, qui sont pour la plupart du temps répétitifs et précis.
Mon travail fige quelque chose, il fige un état des choses, il reste la trace de ce qui a été.
Aujourd’hui, tout va vite, autour de nous, tout va vite.
On essuie du regard un paysage à toute vitesse, on passe très vite à côté de choses qui nous échappent.
Qu’est ce qu’il nous reste ?
Je propose un récit poétique du travail, du précaire, de ce que fait le temps, le passage.
À travers l’écriture, j’explore et scrute ce qui défile.
Je parle de ce que l’on va retenir, de ce qui va rester.
Ici je parle de cette idée d’être un passant et de cette manière à se raccrocher au vivant, à toucher le vivant à parler de ce temps à marcher dans la boue et regarder cette écorce d’arbre tomber.

À creux perdu, c’est 98 patates en ciment. Un moulage par jour. C’est un travail intimement lié à l’oeuvre de Béla Tarr, Le cheval de Turin.
Un repas par jour, une seule papate chaude. C’est un travail de sculpture et de photographie.
Ici, il est question de temps qui passe, de cette vie qui s’emiette, qui s’effrite, de cette même usure, de cette même fatigue et de ce temps qui est et qui est dur. »

Que reste-t-il de nos activités humaines qui produisent sans cesse de nouveaux objets.
Quelle poussière d’absence allons-nous déposer sur le monde en partant.
Quelle est cette insistance à vouloir exister.
Produire une forme, même la plus simple, n’est ce pas une façon de résister.
Avec un seul doigt, on peut toujours écrire dans la poussière.