Laura Blanche en résidence à Récobrada du 2 mars au 3 avril

Artiste textile, Laura Blanche transforme des tissus de seconde main en tableaux et formes cousues, où se mêlent mémoire, intimité et réparation. À partir de vêtements usés, draps anciens et chutes de tissus, elle compose un univers lumineux et sensible, entre pop et surréalisme.
Formée au graphisme et au motion design aux Gobelins, elle fonde d’abord Tuktuk Club, une marque de vêtements upcyclés alliant création textile et engagement écologique, avant de développer aujourd’hui une pratique artistique centrée sur le textile de réemploi, faisant du tissu un véritable langage narratif et émotionnel.

« Le sous texte du textile » :
(Texte est issu du mot latin « textum », dérivé du verbe « texere » qui signifie « tisser »)
Objet ritualisé à l’extrême, il peut tout dire de nous, raconter notre histoire, celle de l’humanité, celle des peuples, des territoires, celle de l’évolution de nos mœurs, le vêtement nous porte autant que nous le portons, dans l’ignorance de sa signification, dans le camouflage, dans la discrétion, comme dans l’ostentation et le discours de nous-même.
Mais voilà, la crise du textile avec la vague de la fast-fashion, met le doigt dans l’engrenage d’une machinerie capitaliste aux effets délétères et révèle le coût écologique, le coût humain et l’impasse de nos modèles de consommation.
Le réemploi, le recyclage, paraissait être la solution pour une consommation raisonnée, mais la crise de la filière industrielle du recyclage du textile, notamment, confirme l’obsolescence du modèle de production et de consommation qui se doit d’être repensé entièrement.

– 1,2 milliard de tonne de gaz à effet de serre émis par an (source : ADEME)
– Près de 100 milliards de vêtements confectionnés chaque année (source : ADEME)
– 50 millions de tonnes de filaments de fibres synthétiques produites par an (source : Textile network)
– 3e rang mondial pour la consommation d’eau (93 milliards de mètres cubes par an) (source : ONU (UNCTAD))
– Jusqu’à 19 000 litres d’eau pour produire 1 kg de coton (la culture du coton est l’une des plus gourmandes en pesticides) (source : Trademachines)
et délocalisation en masse des productions textiles dans des pays peu regardants du respect des droits humains.